La bonne longueur d’un CV dépend moins d’une règle magique que d’une question simple : combien d’espace faut-il pour prouver rapidement que votre profil mérite un entretien ? En France, un CV d’une page reste souvent idéal pour les profils juniors, les candidatures simples ou les parcours linéaires. Un CV de deux pages devient pertinent dès que l’expérience, les responsabilités, les résultats ou la technicité justifient plus de détails. Au-delà de deux pages, il faut une vraie raison : direction, expertise rare, carrière longue, conseil, recherche, publications ou missions complexes.
Ce que je vois souvent comme recruteuse, ce n’est pas un problème de longueur en soi. C’est un problème de sélection. Beaucoup de CV sont trop longs parce qu’ils racontent tout. D’autres sont trop courts parce qu’ils cachent ce qui permettrait de convaincre. La bonne longueur n’est pas celle qui “fait joli”. C’est celle qui aide le recruteur à comprendre vite votre niveau, votre valeur et votre cohérence.
Pour la majorité des candidatures en France, la longueur attendue se situe entre une et deux pages. Une page est souvent suffisante pour un profil junior, un étudiant, un jeune diplômé ou un candidat avec peu d’expériences professionnelles. Deux pages sont acceptées, et même souvent préférables, pour un profil confirmé, technique, managérial ou avec plusieurs expériences significatives.
La vraie erreur est de traiter la longueur du CV comme une règle administrative. Le recruteur ne se dit pas : “Ce CV fait deux pages, scandale.” Il se demande plutôt : “Est-ce que je comprends rapidement pourquoi cette personne correspond au poste ?”
Et c’est là que beaucoup de candidats se trompent. Ils pensent que raccourcir un CV le rend automatiquement plus efficace. Pas forcément. Un CV trop compressé peut devenir flou, pauvre ou frustrant. À l’inverse, un CV trop détaillé peut noyer les informations importantes dans une masse de tâches secondaires.
La bonne longueur dépend de quatre critères :
Votre niveau d’expérience professionnelle
La complexité de votre parcours
Le type de poste visé
La quantité d’informations réellement utiles pour la décision de recrutement
Un CV doit être assez long pour être convaincant, mais assez court pour rester lisible. C’est un équilibre. Et oui, c’est plus subtil que “une page sinon rien”. Le recrutement adore les règles simples, mais la réalité aime les exceptions.
La question n’est pas “Est-ce qu’un CV doit faire une page ?” La vraie question est : qu’est-ce que le recruteur doit comprendre pour décider de vous contacter ?
Un CV d’une page fonctionne très bien quand votre profil peut être compris rapidement. C’est souvent le cas si vous avez peu d’expériences, une trajectoire claire ou un objectif professionnel précis. Une page oblige à faire des choix. C’est une bonne chose, à condition de ne pas couper les éléments qui prouvent votre valeur.
Un CV de deux pages est parfaitement acceptable lorsque votre parcours demande plus de contexte. Par exemple, si vous avez plusieurs postes pertinents, des responsabilités importantes, des réalisations mesurables, des projets techniques, une expérience internationale ou une évolution professionnelle à expliquer.
Ce que je regarde, personnellement, ce n’est pas la page deux en elle-même. Je regarde si cette deuxième page mérite d’exister.
Elle mérite d’exister si elle apporte :
Des réalisations importantes
Des responsabilités utiles pour le poste visé
Des compétences techniques ou sectorielles recherchées
Des éléments de progression professionnelle
Un CV d’une page est généralement recommandé si vous êtes étudiant, jeune diplômé, alternant, stagiaire, candidat en début de carrière ou si vous avez moins de cinq ans d’expérience. Mais ce n’est pas une punition pour profil junior. C’est simplement que votre parcours peut souvent être présenté efficacement sans prendre plus d’espace.
Le CV d’une page est aussi utile lorsque vous postulez à un poste très ciblé et que seules quelques expériences sont vraiment pertinentes. Dans ce cas, une page bien structurée peut donner une impression de clarté, de maturité et de maîtrise.
L’erreur fréquente chez les profils juniors, c’est de vouloir “remplir” pour paraître plus expérimenté. Résultat : le CV devient gonflé avec des détails faibles, des missions banales, des compétences vagues et parfois des centres d’intérêt utilisés comme papier peint professionnel. Je le dis gentiment, mais franchement : un recruteur sent très vite quand un CV essaie de paraître plus dense qu’il ne l’est.
Un CV d’une page est souvent suffisant si :
Vous avez moins de cinq ans d’expérience
Vous visez un stage, une alternance ou un premier emploi
Votre parcours est linéaire
Vous avez peu d’expériences longues à détailler
Un CV de deux pages devient pertinent lorsque vous avez assez d’expérience pour que la synthèse en une page vous oblige à supprimer des éléments importants. C’est souvent le cas à partir de six à huit ans d’expérience, mais ce n’est pas une règle mécanique. Certains profils ont besoin de deux pages plus tôt, notamment dans les métiers techniques, les fonctions projet, l’ingénierie, l’IT, la finance, le conseil, les fonctions commerciales complexes, les ressources humaines, la santé, l’industrie ou les métiers réglementés.
Un CV de deux pages est souvent préférable si vous avez :
Plusieurs expériences significatives
Une progression de carrière à montrer
Des responsabilités managériales
Des résultats chiffrés importants
Des projets complexes
Une expertise technique ou sectorielle
Un CV de trois pages peut être acceptable, mais seulement dans certains cas. Pour la plupart des candidatures classiques, trois pages donnent une impression de manque de synthèse. Le recruteur peut se demander si vous savez hiérarchiser l’information. Et dans certains postes, cette capacité de synthèse est déjà une compétence évaluée indirectement.
Un CV de trois pages peut se justifier pour :
Un dirigeant ou cadre supérieur avec un parcours long et stratégique
Un consultant avec de nombreuses missions pertinentes
Un chercheur, universitaire ou expert avec publications et conférences
Un profil technique très spécialisé
Un candidat dans un secteur où les projets détaillés comptent beaucoup
Une carrière internationale avec plusieurs contextes complexes
Il faut être honnête : un recruteur ne lit pas toujours un CV comme un roman, surtout au premier passage. Il scanne, il repère, il compare, il élimine les doutes, puis il approfondit si le profil semble pertinent.
Au premier tri, le recruteur cherche généralement à comprendre :
Votre métier réel
Votre niveau d’expérience
Votre secteur ou environnement
La pertinence de vos dernières expériences
Vos compétences clés
Votre stabilité ou logique de parcours
Votre adéquation avec les critères essentiels du poste
La longueur idéale du CV varie selon votre profil. Voici une façon réaliste de raisonner, sans tomber dans les règles rigides.
Une page suffit presque toujours. Le recruteur veut voir votre formation, vos stages, alternances, projets pertinents, compétences, langues et éventuellement activités utiles. Il ne s’attend pas à un historique professionnel très développé.
Le piège, ici, est de remplir avec des informations faibles. Mieux vaut une page claire qu’une page saturée de détails scolaires, de jobs sans lien ou de compétences déclarées sans preuve.
Une page reste généralement recommandée. Si vous avez deux ou trois expériences pertinentes, vous pouvez les détailler avec soin, mais sans transformer chaque mission en mini fiche de poste.
À ce stade, le recruteur cherche surtout votre potentiel, votre cohérence, votre capacité d’apprentissage et les premiers signaux de professionnalisme.
Deux pages sont souvent justifiées. Vous avez normalement assez d’expériences, de responsabilités, de résultats et de compétences pour nécessiter plus d’espace. Le CV doit montrer votre progression et votre spécialisation.
Attention cependant : confirmé ne veut pas dire “tout inclure”. Les premières expériences deviennent moins importantes avec le temps. Elles peuvent être résumées, surtout si elles n’ont plus de lien direct avec le poste visé.
Deux pages sont souvent la bonne base. Trois pages peuvent se défendre si le parcours est complexe, mais seulement si chaque section a un rôle clair.
Réduire un CV ne signifie pas couper au hasard. Il faut retirer ce qui n’aide pas la décision de recrutement. C’est là que beaucoup de candidats se crispent, parce qu’ils ont peur de supprimer quelque chose “au cas où”. Mais un CV efficace n’est pas un inventaire. C’est une sélection stratégique.
Vous pouvez généralement supprimer ou réduire :
Les expériences très anciennes sans rapport avec le poste
Les stages après plusieurs années d’expérience, sauf s’ils restent très pertinents
Les missions évidentes que tout recruteur connaît déjà
Les compétences génériques comme “motivé”, “dynamique” ou “rigoureux” sans preuve
Les logiciels basiques si le poste exige des compétences plus avancées
Les formations secondaires qui n’apportent rien au poste visé
À force de vouloir raccourcir, certains candidats enlèvent les éléments qui permettraient justement de les sélectionner. C’est particulièrement fréquent chez les profils qui veulent tenir absolument sur une page.
Ne supprimez pas les informations qui expliquent :
Votre niveau réel de responsabilité
La taille ou complexité de votre périmètre
Vos résultats mesurables
Vos compétences différenciantes
Votre spécialisation métier
Votre progression professionnelle
Le contexte de vos expériences
La bonne longueur dépend aussi de l’annonce. Un CV n’existe pas dans le vide. Il doit répondre à un besoin précis, même si votre parcours reste le même.
Quand vous lisez une annonce, repérez les critères qui semblent vraiment décisionnels :
Le niveau d’expérience demandé
Les compétences techniques indispensables
Le secteur ou type d’environnement
Les responsabilités principales
Les outils ou méthodes mentionnés
Le niveau d’autonomie attendu
Les enjeux du poste
Les logiciels ATS, utilisés par de nombreuses entreprises et cabinets de recrutement, ne “préfèrent” pas automatiquement les CV courts ou longs. Leur rôle est surtout de stocker, organiser, rechercher et parfois filtrer les candidatures selon certains critères. Ce qui compte, c’est que le CV soit lisible, structuré et cohérent.
Pour un ATS, les problèmes viennent souvent de la mise en page plus que du nombre de pages :
Tableaux complexes
Colonnes mal lues
Icônes à la place des mots
Texte intégré dans des images
Rubriques mal nommées
Dates incohérentes
Titres de poste flous
Deux CV de deux pages peuvent donner une impression totalement différente. L’un peut sembler clair, solide et professionnel. L’autre peut sembler interminable. La différence vient souvent de la mise en page.
Une bonne mise en page permet au recruteur de scanner le CV rapidement. Elle crée des repères visuels. Elle aide à comprendre la hiérarchie de l’information.
Pour garder une longueur maîtrisée, travaillez :
La taille de police, sans descendre dans l’illisible
Les marges, sans écraser le document
Les espaces entre les sections
La cohérence des titres
La longueur des puces
La densité des paragraphes
Un CV est trop long lorsqu’il donne au recruteur plus d’informations qu’il n’en faut pour décider de vous contacter. Il est aussi trop long lorsqu’il oblige le lecteur à chercher les éléments importants au milieu de détails secondaires.
Votre CV est probablement trop long si :
Les expériences anciennes prennent autant de place que les expériences récentes
Plusieurs postes répètent les mêmes missions
Vous décrivez des tâches évidentes pour votre métier
La deuxième page contient surtout des informations faibles
Le recruteur doit lire beaucoup avant de comprendre votre positionnement
Votre CV ressemble à une liste exhaustive de tout ce que vous avez fait
Les résultats concrets sont rares ou noyés
Un CV est trop court lorsqu’il ne donne pas assez de preuves pour soutenir votre candidature. C’est le cas lorsqu’il laisse trop de questions ouvertes ou donne une impression de profil sous-positionné.
Votre CV est probablement trop court si :
Vos expériences sont décrites en une ligne sans contexte
Vos responsabilités réelles ne sont pas visibles
Vos résultats ne sont pas mentionnés
Vos compétences sont listées sans lien avec vos expériences
Votre évolution professionnelle n’est pas compréhensible
Le recruteur ne peut pas évaluer votre niveau
Le CV semble générique ou interchangeable
Pour choisir entre une page, deux pages ou plus, utilisez ce cadre de décision.
Votre CV peut tenir sur une page si votre parcours est clair, récent, peu complexe et que les informations utiles tiennent naturellement sans compression excessive.
Votre CV devrait faire deux pages si vous avez plusieurs expériences pertinentes, des résultats à montrer, une expertise à expliquer ou un niveau de responsabilité qui demande du contexte.
Votre CV peut dépasser deux pages uniquement si votre parcours, votre métier ou le processus de candidature exige une démonstration plus détaillée.
Ensuite, relisez chaque section avec trois questions :
Cette information aide-t-elle le recruteur à comprendre mon adéquation avec le poste ?
Cette information me différencie-t-elle d’un autre candidat similaire ?
Cette information mérite-t-elle l’espace qu’elle prend ?
Si une information ne répond à aucune de ces questions, elle est probablement décorative. Et un CV décoratif n’est pas forcément un CV efficace.
Le bon CV ne dit pas tout. Il dit ce qu’il faut, dans le bon ordre, avec assez de preuves pour déclencher un entretien.
Pour la plupart des candidats en France, je recommande de partir sur cette logique :
Une page pour les étudiants, alternants, jeunes diplômés et profils juniors
Une à deux pages pour les profils avec trois à six ans d’expérience, selon la richesse du parcours
Deux pages pour les profils confirmés, cadres, managers et experts
Deux à trois pages pour les dirigeants, consultants seniors, chercheurs ou profils très spécialisés
Plus de trois pages uniquement pour des dossiers spécifiques, rarement pour une candidature classique
Mais la vraie recommandation est plus directe : ne choisissez pas la longueur pour respecter une croyance. Choisissez-la pour servir la décision de recrutement.
Un CV n’a pas besoin d’être court pour être bon. Il doit être clair, ciblé, lisible et convaincant. Il doit montrer votre valeur sans forcer le recruteur à faire le tri à votre place.
Si votre CV fait deux pages et que chaque ligne soutient votre candidature, gardez deux pages. Si votre CV fait une page mais qu’il cache vos meilleurs arguments, développez-le. Si votre CV fait trois pages parce que vous n’avez pas osé choisir, coupez.
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Create ResumeDes résultats concrets
Des informations qui renforcent la cohérence de votre candidature
Elle ne mérite pas d’exister si elle contient :
Des tâches évidentes liées au poste
Des expériences anciennes sans rapport
Des stages peu pertinents après plusieurs années d’expérience
Des formations secondaires inutiles
Des descriptions copiées de fiches de poste
Des répétitions entre plusieurs expériences similaires
Un CV de deux pages peut être très professionnel. Un CV d’une page peut être faible. La longueur ne sauve pas le fond. Elle doit le servir.
Vos expériences anciennes ou secondaires n’apportent pas grand-chose
Le poste visé ne demande pas une forte démonstration technique
Pour qu’un CV d’une page fonctionne, il doit aller droit au but. Il ne doit pas simplement être court. Il doit être sélectif.
Cela signifie que vous devez privilégier :
Les expériences les plus proches du poste visé
Les compétences réellement utilisées
Les résultats ou contributions concrètes
Les formations utiles
Les outils, langues ou certifications vraiment pertinents
Un CV junior peut être court et très fort s’il montre clairement le potentiel, la logique du parcours et l’adéquation avec le poste. Un recruteur ne s’attend pas à lire dix ans de réalisations chez un candidat débutant. Il veut surtout comprendre si le profil est cohérent, motivé, formé et capable d’apprendre vite.
Des certifications ou formations clés
Une expérience internationale
Une reconversion à expliquer avec cohérence
Le problème, c’est que beaucoup de candidats utilisent la deuxième page comme un débarras. Ils y mettent tout ce qui n’a pas trouvé sa place : anciennes expériences, détails administratifs, listes interminables de compétences, formations obsolètes, descriptions de missions répétitives. Mauvaise idée.
La deuxième page doit renforcer la candidature. Elle doit donner au recruteur une raison supplémentaire de vous appeler, pas lui faire regretter d’avoir continué à lire.
Sur un CV de deux pages, la première page doit porter les informations les plus décisives :
Votre titre ou positionnement professionnel
Votre résumé de profil si vous en utilisez un
Vos expériences les plus récentes et les plus pertinentes
Vos compétences clés
Vos résultats les plus forts
Les éléments qui correspondent directement à l’annonce
La deuxième page peut ensuite développer :
Les expériences précédentes utiles
Les projets importants
Les compétences complémentaires
Les certifications
Les formations
Les langues
Les informations qui renforcent votre crédibilité
Ne cachez jamais les éléments les plus forts en page deux. Dans un vrai processus de recrutement, le premier tri est rapide. Si la première page ne donne pas envie d’aller plus loin, la deuxième page ne sera pas toujours lue avec attention. Ce n’est pas idéal, mais c’est réel.
Un dossier de candidature spécifique demandant plus de détails
Mais même dans ces cas, trois pages ne doivent pas être une autorisation de tout raconter. Le CV reste un document de sélection, pas une autobiographie professionnelle.
La question à poser est simple : la troisième page augmente-t-elle réellement mes chances d’être reçu en entretien ?
Si la réponse est non, elle doit disparaître. Si la réponse est oui, elle doit être structurée de manière intelligente, avec une hiérarchie claire et des informations utiles.
Ce que les recruteurs tolèrent moins bien, ce n’est pas la longueur exceptionnelle. C’est la longueur non maîtrisée. Trois pages très ciblées peuvent passer pour certains profils. Trois pages remplies de responsabilités évidentes, de formulations vagues et de détails anciens donnent plutôt l’impression que le candidat n’a pas fait le travail de sélection.
Les éventuels signaux d’alerte ou zones floues
C’est pour cela que la longueur du CV ne peut pas être séparée de la lisibilité. Un CV de deux pages très bien structuré peut être plus rapide à lire qu’un CV d’une page surchargé, minuscule et illisible. Je vois régulièrement des candidats essayer de tout faire tenir sur une page en réduisant la police, les marges et les espaces. Résultat : techniquement, c’est une page. Pratiquement, c’est une agression visuelle.
Un CV efficace aide le recruteur à trouver vite les réponses aux questions qu’il se pose. Il ne l’oblige pas à jouer au détective.
La bonne longueur doit donc permettre une lecture fluide :
Des titres de poste visibles
Des entreprises et dates faciles à repérer
Des missions structurées
Des résultats identifiables
Des compétences regroupées logiquement
Une mise en page claire
Des informations secondaires bien placées
La longueur n’est pas seulement une question de pages. C’est une question de charge cognitive. Plus votre CV demande d’effort pour être compris, plus vous perdez des points, même si votre expérience est bonne.
Pour ces profils, le CV doit montrer le niveau d’impact : taille des équipes, périmètre budgétaire, transformation menée, résultats obtenus, environnements gérés, complexité des enjeux. Ce n’est pas la quantité de missions qui impressionne, c’est la qualité de la contribution.
Deux à trois pages peuvent être pertinentes. Dans certains cas, un CV principal de deux pages peut être accompagné d’une annexe, d’une liste de projets, d’un portfolio ou d’un profil LinkedIn détaillé.
C’est souvent plus intelligent que de forcer tout le contenu dans un CV unique trop lourd. Le CV doit ouvrir la porte. Les détails supplémentaires peuvent venir ensuite.
Les descriptions répétées d’un poste à l’autre
Les centres d’intérêt trop vagues
Les phrases d’objectif professionnel creuses
Les détails personnels inutiles
Le test que j’aime utiliser est simple : si cette information disparaît, est-ce que ma candidature devient moins convaincante ?
Si la réponse est non, elle peut probablement être retirée. Si la réponse est oui, elle doit rester, mais peut-être être mieux formulée.
Une autre erreur fréquente : supprimer les résultats pour garder les tâches. C’est l’inverse qu’il faut faire. Les tâches disent ce que vous étiez censé faire. Les résultats montrent ce que vous avez réellement apporté.
Exemple faible :
Gestion des campagnes de recrutement, rédaction des annonces, suivi des candidatures et organisation des entretiens.
Bon exemple :
Pilotage de recrutements profils sales et tech, avec réduction du délai moyen de recrutement de 42 à 28 jours sur un périmètre de 35 postes annuels.
Le deuxième exemple prend à peine plus de place, mais il dit beaucoup plus. C’est exactement le type d’arbitrage qui améliore un CV sans forcément l’allonger.
Les outils ou méthodes indispensables au poste
Les éléments qui répondent directement à l’annonce
Un responsable du recrutement ne peut pas deviner votre valeur. Si vous écrivez seulement “gestion de projet”, il ne sait pas si vous avez coordonné trois personnes sur un petit sujet interne ou piloté un déploiement international avec plusieurs parties prenantes. Ce n’est pas du tout la même lecture.
C’est une réalité parfois injuste du recrutement : ce qui n’est pas clair sur le CV peut être interprété comme absent, faible ou secondaire. Le recruteur n’a pas toujours le temps de vous donner le bénéfice du doute.
Donc oui, il faut être synthétique. Mais la synthèse ne doit pas appauvrir votre candidature.
Les éléments répétés dans l’annonce
Ensuite, regardez votre CV avec une question très concrète : est-ce que les informations les plus importantes pour cette annonce sont visibles rapidement ?
Si la réponse est non, le problème n’est pas forcément la longueur. C’est peut-être l’ordre, la hiérarchie ou le manque de ciblage.
Un CV peut être court mais mal ciblé. Il peut être long mais très pertinent. L’objectif est que le recruteur voie vite la correspondance entre votre profil et le besoin.
Cela ne veut pas dire qu’il faut réécrire tout le CV à chaque candidature. Mais il faut parfois ajuster :
Le titre du CV
Le résumé de profil
L’ordre des compétences
Le détail de certaines expériences
Les mots utilisés pour correspondre aux pratiques du secteur
Les résultats mis en avant
Les informations supprimées ou condensées
Un bon CV n’est pas un document figé. C’est un document stable dans le fond, mais adaptable dans la présentation. Et cette adaptation influence directement sa longueur.
Compétences importantes absentes ou trop implicites
Cela dit, la longueur joue indirectement. Un CV trop long et mal structuré peut diluer les mots et informations importantes. Un CV trop court peut manquer de termes clés utiles pour faire ressortir votre profil dans une recherche.
Le bon raisonnement est donc : assez d’informations pour être retrouvé et compris, pas assez de bruit pour noyer le signal.
Utilisez des intitulés de rubriques simples :
Expérience professionnelle
Formation
Compétences
Certifications
Langues
Projets
Outils
Évitez les intitulés trop créatifs. Un recruteur peut sourire devant “Mon parcours de super-héros professionnel”, mais un ATS, lui, n’a aucun sens de l’humour. Et souvent, le recruteur non plus, quand il a 180 candidatures à traiter avant midi.
L’ordre des informations
La clarté des dates et lieux
Évitez les blocs massifs. Un recruteur lit rarement un gros paragraphe de CV avec enthousiasme. Les expériences doivent être découpées en informations faciles à absorber.
Mais attention : trop de design peut aussi prendre de la place inutilement. Les barres de compétences, pictogrammes, graphiques et grandes zones colorées peuvent rendre le CV joli, mais pas forcément plus efficace. Sur certains métiers créatifs, cela peut avoir du sens. Sur beaucoup d’autres, cela occupe simplement de l’espace qui aurait pu servir à prouver votre valeur.
Le CV n’est pas une affiche. C’est un outil de décision.
Vous avez gardé des informations par peur de supprimer, pas par stratégie
La peur de supprimer est normale. Beaucoup de candidats se disent : “Et si cette information intéressait quand même quelqu’un ?” Peut-être. Mais un CV qui essaie de parler à tout le monde finit souvent par ne convaincre personne.
Un CV efficace assume un angle. Il montre pourquoi vous êtes pertinent pour un type de poste, un niveau de responsabilité, un environnement ou une trajectoire. Il n’a pas besoin de raconter toutes les versions possibles de vous-même.
Les mots clés importants du métier sont absents
Un CV trop court peut faire perdre des opportunités, surtout pour les profils confirmés. J’ai vu des candidats solides se sous-vendre simplement parce qu’ils avaient voulu rester “sobres”. La sobriété est une bonne chose. L’invisibilité, beaucoup moins.
Le recruteur doit avoir assez de matière pour vous défendre en interne. C’est un point souvent oublié. Votre CV ne sert pas seulement à convaincre la première personne qui le lit. Il peut aussi être transmis à un responsable du recrutement, à un directeur, à un client interne ou à un cabinet. Si le CV ne contient pas les bons arguments, la personne qui veut vous recommander devra combler les trous elle-même. Et dans la vraie vie, ce n’est pas toujours fait.
La longueur idéale d’un CV n’est pas une règle de mise en page. C’est un test de jugement professionnel. Et parfois, ce jugement se voit avant même l’entretien.